En Attendant...

12 février 2007

Il court, il court le furet....

Quel grand bonheur mes amies ! Reprendre le clavier comme d'autres reprirent la plume et vous faire partager les aléas d'une vie banale et chaotique comme il en existe tant ... Laissez-moi encore quelques jours afin de mettre de l'ordre dans mes idées : vous raconter plusieurs mois d'absence prendra du temps, si je tiens à respecter la chronologie des faits !

Me faire pardonner cette disparition  sera difficile, je le sais, mais relève le défi, après avoir reçu quelques messages privés d'encouragement... Au final, je m'interroge : la question existentielle du blog, sa fin en soi, est-elle d'être lue par d'autres, ou d'y voir plus clair en soi ?

J'ouvre le débat, attends vos réflexions à ce sujet avec impatience, car si je suis une vagabonde des blogs, m'est resté intact.....

Le Plaisir de Vous Lire .....

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27 juin 2006

AU FIL DE L'EAU.... AU FIL DU TEMPS...

chien_13cette fois-ci, mes amies, j'ai cédé !

Il était prévu de vous faire découvrir un endroit sympa, vous permettant de voyager en tricotant devant votre écran d'ordi. Projet tombé à l'eau en raison d'une météo alarmiste. Voyager sous la pluie battante, passe, prendre des photos avec grêlons, c'est déjà plus moyen. Or, la canicula qui sévit ici laisse présager des tornades à venir...

Donc, j'ai cédé disais-je, aux suppliques de ma meute, insensible aux beautés de l'art Roman (cf épisode précédent), mais ravis d'aller renifler les phéromones et autres cartes de visite de leurs congénères.

Hors de question, vous vous en doutez, maintenant que vous connaissez mon amour de la foule, d'aller grossir la cohorte des Bidochon bidochoncouvmondelabd_26032004 sur les plages quasi saturées avant même l'arrivée des toutouristes...

A quelques encablures de ma douce île d'Ithaque, voici donc un hâvre rare dans la garrigue, ignoré des autochtones, et pourtant à trois kilomètres du centre ville ... bastide_web005Ne rêvons pas, ce n'est qu'un vague étang, pas le genre à faire fantasmer Lamartine... mais d'un calme irréél ... promenade bucolique qui me permet de vous montrer, au fil de l'eau, mes ouvrages en cours (je ne dois pas oublier être sur une catégorie de blogs destinée aux tricoteuses et autres brodeuses).... Ceci dit, toute ressemblance avec des blogs (de chevronnées) existant, serait pure coincidence, vous vous en doutez... sinon, vite chez l'ophtalmo..!

Les bonnes résolutions sont là malgré tout : à savoir, finir à tout prix, les en-cours, aussi désastreux et importables soient-ils (le côté maso est très développé chez moi, si, si !) Le clan de mes fidèles reconnaîtra donc ceci dsc00560_modifi__12 commencé en l'an de grâce 2004, au dos laborieusement accompli, au devant sous cette forme dsc005592 guenille molasse dans un fil 20% soie, 80% acrylique... les dinosaures des aiguilles s'en souviendront dsc005612... Virtuose ! Outrecuidance de s'appeler ainsi, j'aurais du choisir la qualité "Bonarien"... Peut-être me serais-je sentie en terrain connu et l'aurais-je fini aujourd'hui....

bastide_web0101 Sans bruit, sur le miroir des lacs profonds et calmes, le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes et glisse....

D'accord, pas l'ombre d'un cygne, d'un canard, d'âme qui vive d'ailleurs à part ce truc qui s'agite frénétiquement diptique2à la surface de l'eau... Un dytique ! Petite bestiole sympathique et inoffensive, mais dont nous ne pourrons apprécier la majesté de la nage sans passer pour des illuminés.

Au rayon on s'occupe les doigts comme on peut, est aussi en cours une petite nappe offerte par une amie... dsc00562 Pour les amateurs de point de croix, ce chef d'oeuvre de naiveté est brodé sur des bandes 5,5... ça veut dire que j'ai échappé de peu à la tête de Mickey sur canevas... Ma marotte en la matière ? Plutôt les abécédaires très anciens, à broder sur des toiles très fines, type lin 11 ou 14 fils dsc00572...

bastide_web0151

Autre élément digne de consternation, se remettre à la peinture ou au dessin, quand en bonne dilettante, on abandonne ses pinceaux durant quelques années.... Alors là, on ne se moque pas ... Voilà dsc005691 mes débuts à l'huile, ... salut ! bois couronnés d'un reste de verdure, feuillages jaunissants sur les gazons épars....dsc005701

Le deuil de la nature convient à ma douleur et plaît à mes regards... En un mot, on fait comme on peut avec ce qu'on a... Quelques essais au pastel... dsc00568... Et au crayon....dsc005661... Seulement voilà... avec le temps, va tout s'en va, même les plus chouettes souvenirs... Et en la matière, cent fois sur le chevalet tu remettras ton ouvrage.... J'ai essayé de m'y remettre il y a quelques semaines... une catastrophe ...

dsc005651 Ce tigre bondissant a été repris maintes et maintes fois, pour l'instant je le laisse en l'état... il y a encore beaucoup de travail dessus, mais là, je cale complet : en fait, il me semble que son arrière-train est prêt à pondre un oeuf... ou alors à défaut d'un tigre, c'est une tique gonflée... enfin bon, ça ne va pas du tout, comme je suis profondément têtue, je ne m'attaquerai à rien d'autre avant d'avoir résolu le problème de mon tigre à culotte de cheval....

bastide_web016 Je concluerai en beauté : l'hiver dernier, prise dans le tourbillon des tricoteuses de chaussettes, j'ai dit "pourquoi pas moi !"... Et là, tous les records de ridicule sont battus : équipée du bouquin adéquat dsc00574

Je me lance.... (à cet endroit de mon récit, je me dois de prévenir les âmes sensibles du caractère particulièrement odieux des photos qui vont suivre... éloignez les enfants de votre écran, certains traumatismes pouvant être indélébiles)

INTERLUDE.....bastide_web0141... Bien, prêts pour le grand saut ? Alors voilà....

dsc005751 Je n'ose vous montrer en grand ce chef-d'oeuvre podologique... Taille 39/40... Une aberration de la nature... dont voici un détail particulièrement descriptif dsc005761sous la petite échelle qui termine le talon, vous pouvez voir une barre.... en fait la partie émergée de l'iceberg... car si vous enfilez la chose, vous sentirez bien vite à  cet endroit une sorte de bourrelet interne (comme j'aimerais que les miens soient !), qui déchaine les rires de tous ceux qui ont bien voulu tester le confort de mon prototype.... ("qu'est-ce que c'est que ce truc qu'on sent dedans ?") Ne me demandez pas comment j'ai fait ! je n'en sais fichtre rien... Mais ma chaussette tient plus du massage Sholl qu'autre chose.... Quelle honte ! Voilà qui donne envie de se jeter à l'eau .... bastide_web026 Je vous l'ai dit, il fait très chaud...

Comme je suis têtue (cf plus haut), j'ai décidé d'offrir une soeur (peut-être pas jumelle) à cette extra-terrestre... En suivant à la lettre bien entendu, les conseils avisés que vous saurez me prodiguer afin de ne pas renouveller l'incohérence interne (tant pis si au finish, une légère claudication sera conséquence de mes déboires initiaux).

Vous êtes désormais dans la confidence de mes déconvenues en tous genres, ne me reste plus qu'à patienter en attendant

Le plaisir rafraîchissant de vous lire....

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19 juin 2006

AU PAYS DU MATIN CALME...

senanque_web084Cette fois-ci amateurs d'émotions douces, je vous convie à m'accompagner dans un lieu enchanteur et paisible, à quelques encablures de notre Colorado Des Enfers...

Au fil des ans, voyez-vous, votre Pénélope se fait plus sauvage, plus animale, plus misanthrope que jamais... Effet pervers de l'âge direz-vous ? Sagesse d'une solitude cultivée plutôt.

Cependant, comme vous le constaterez bien vite, cette recherche harmonieuse n'est peut-être pas aussi simple qu'il y paraît... Mon île d'Ithaque n'ayant plus les charmes d'autrefois, il est temps de me préoccuper d'un refuge ultime, une sorte d'ermitage où méditer tranquillement. J'ai bien pensé louer à l'année une chambre type Formule 1, mais il est en bordure du périphérique, donc beaucoup trop bruyant pour une éprise de Bach, de littérature, de contemplations diverses et de silence toujours... J'ai su trop tard que quelques grottes étaient encore libres dans les Pyrénées... Des ours mal léchés y ont été lachés récemment, et je ne voudrais pas jouer les trouble-fête...même si en la matière, j'en connais un rayon, tout miel à part,  avec un exemplaire à la maison, la fourrure en moins.... (je ne peux même pas espérer en faire une descente de lit un jour...)

En bonne future ermite, je prends donc mon bâton de pélerin, soit un levier à 5 vitesses, entouré d'une carrosserie d'Ibiza vert sapin, qui verra son dixième Noël dans quelques mois, et entreprend de visiter une communauté de reclus volontaires, isolés du monde au fond de leur vallon... Ah ! La belle échappée moyenâgeuse me dis-je ! Enfin vais-je rencontrer d'authentiques philosophes, dans leur bulle de solitude...

Bon, à tout hasard, je frappe chez l'ami Google, histoire de lui faire part de mon projet... Déjà, mi-figue, mi-raisin, je constate dépitée que mes héros ne sont pas fatigués, et vivent même à la page, la preuve, exemple

Qu'à cela ne tienne, il s'agira certainement de quelque novice épris d'informatique, n'ayant pas encore assimilé toutes les règles de sa communauté,et qui par quelque excès de zèle, aura cru bon de mettre en ligne son cadre de vie...

Une chose malgré tout m'interpelle "toutes les visites sont accompagnées par un guide de l'abbaye"... Déjà, en roulant vers mon destin, j'imagine le lourd heurtoir sur la porte massive... Le moine encapuchonné m'accueillir dans un murmure de bienvenue... Et à sa suite découvrir un lieu grandiose dans sa nudité, seulement troublé par le son de quelque cloche appelant le pénitent à la méditation, le frottement de la corde grossière qui ceint la robe de bure, alourdie par les noeuds bousculés à chaque pas le long de sa cuisse, les psalmodies lancinantes ou les chants grégoriens de ses frères spirituels...

Ceci dit, mes pensées au fil des kilomètres, se dévergondent un peu ! La pélerine n'ayant hélas pas fait voeu de régime sec, une substantifique pitance lui fait frétiller les papilles en approchant du but.... Donc, première chose, trouver l'endroit idéal, hors chenilles, pour pique-niquer sans bestioles de tout poils... Il ne faut pas éxagérer, je serai à Assise, passe encore, par solidarité avec Saint François, j'aurais invité quelque fourmi(lière) familière à partager mon miam-miam glou-glou, mais là, bon, ça n'est pas à l'ordre du jour on dira...

Voici donc l'endroit requis pour festoyer ! senanque_web005 un champ où déjà d'autres sont en plein repas.... une ombre légère, quelques papillons vite éffarouchés, un corbeau mélodieux croasse en chassant, les premières cigales lancent leur cantique monotone et joyeux dans l'air parfumé... La route pour arriver au fond de ce val sans dormeur serpente, quelques belles échappées m'ont fait entr'apercevoir mon abbaye blottie dans la lavande encore pâle... tout est calme (nonobstant les bestiaux ailés), luxe (n'oublions pas que Gordes, l'orgueilleux site classé est à quelques kilomètres, et draine son cortège de Ferrari rutilantes), et volupté... des sens, interpellés par ce qu'il reste de nature sauvage en ce lieu retiré...

Peu à peu, cependant, une, puis deux, puis un cortège, puis des cars "Travel's Machin", des dizaines d'âmes égarées ont la même idée que moi, semble t'il... J'abandonne petite Ibiza sous le vert ombrage, et sans le bâton de pélerin (le levier de vitesse n'est pas démontable), j'entreprends de continuer ma route, appareil photo en bandoulière en guise de viatique... Imaginez les pensées soucieuses quant à ma recherche d'isolement, lorsque j'arrive devant ça : senanque_web088 ouh lààààà !... çà sent son touriste à plein nez çààààà !... me dis-je déconfite...

Effectivement, au détour du chemin, alors que dans le lointain se profilait mon ermitage senanque_web086 j'étais bel et bien sur un parking, façon Auchan un samedi.... remarquez, nos moines ont le même succès aux champs que l'autre, les caddies en moins... Donc, toute velléité d'indépendance envolée comme une colombe de la paix un jour de ball-trap, je rejoins mes coreligionnaires d'infortune au pied de l'édifice senanque_web082 Près du bâtiment principal, sur votre droite, une billeterie est en place, avec magasin, bonbons-esquimaux-chocolats-glacés-demandez-miko.... senanque_web011 La prochaine visite est dans 20 minutes... Organisation béton, mais où sont mes retraités du Silence, mes Cisterciens de St Benoît, eux-mêmes qui vivent dans le dépouillement le plus absolu ? Tout cela n'était-il qu'un leurre ? Je profite de cette attente pour vous montrer quelques aspects extérieurs des bâtiments senanque_web012 Les toits sont en lauze, et le clocher qui, à l'origine (1148) était en bois, fût emporté par le mistral à plusieurs reprises, de guerre lasse, nos moines le firent en pierre, question pratique, après dérogation bien sûr, attendu qu'ils n'ont jamais été vraiment maîtres chez eux.... senanque_web015 Dommage, gros zoom est resté dans le coffre, j'aurais aimé vous montrer le lézard que vous apercevez peut-être sur la partie ensoleillée du mur en haut à droite. Si, il y est.

Le gentil troupeau auquel je me joins suit docilement une étudiante, guide à ses heures, mes derniers espoirs de jouer un remake du "Nom de la Rose" définitivement éteints, autant se plier servilement à la règle du parfait petit touriste...

Nous entrons ici... senanque_web021 En fait, c'est le dortoir senanque_web068  de ces messieurs (dormitorium), lesquels, pas fiers, se contentaient de dormir au sol sur des paillasses, tout habillés. L'endroit résonne comme une église et mesure une trentaine de mètres de long. Pour les batailles de polochon en capuchon, ils avaient de la place. L'acoustique favorisait sans doute aussi les vocalises des ronfleurs... ceci dit, ils n'avaient pas beaucoup le temps de dormir, attendu que le dortoir donne direct sur l'église, allez, allez, on ne perd pas de temps... Dès deux heures du matin, branle-bas de combat, premier office... Le soir, dernier office, un suppo et direct au dodo.... Non mais ! Z étaient pas là pour rigoler.... on prie madame, et c'est tout... Aujourd'hui, la règle Cistercienne s'est considérablement assouplie : lever à 4 heures...

Bon, l'église elle-même, je ne vous la montrerai pas...Je n'ai pas osé y prendre la moindre photo. Les photos étaient autorisées dans toute l'abbaye, j'ai tenu  à ne jamais employer de  flash tout au long de ma visite. Or, le silence le plus absolu nous a été demandé dans l'église elle-même, attendu que les six malheureux (ou bienheureux) moines qui vivent encore ici étaient en pleine adoration donc, recueillis....Il me semble  qu'il eût été malvenu de faire retentir les clic-clac des appareils, a fortiori avec les éclairs de flash... Là, je dois dire que quelles que soient ses convictions, on ne peut qu'être impressionnés à la vue de ces six silhouettes dans leur robe de bure blanche, tournés vers l'autel, ne faisant aucun cas des troupeaux de touristes amassés dans leur dos qui les observent, comme des fantômes d'un autre monde.... mais à quoi pensent-ils donc ? ont-ils la faculté de faire ainsi abstraction de tout ce qui les entoure ?

Nous nous glissons furtivement derrière notre guide, qui nous conduit au cloître... senanque_web039 Nos hôtes ont pour habitude nous a t-on dit, de s'y ballader... mais pas n'importe comment : à la queue-leu-leu, tête basse en en silence, que font-ils ? mais ils prient bien sûr, attendu qu'ils sont là pour ça. senanque_web050 Des roses, une petite fontaine...senanque_web033

                                                 senanque_web031 Non, ça c'est la vasque....

senanque_web037 .........D'autres aspects du cloître, difficile à immortaliser sans la présence de quelque quidam en bermuda, dénaturant la sobriété des lieux...

....senanque_web043

     Alhambra ?                                                                  senanque_web049

senanque_web053   

                           senanque_web057

                         Dans le cloître, je veux bien être cloîtrée, si tant est que l'on me laisse à disposition tous mes livres, peintures, broderies et laines, avec internet aussi pourquoi pas, histoire d'observer le monde par mon trou de souris....

    l

   senanque_web072 Vous offrir cette perspective n'aura pas été simple dans la mesure où sans cesse le va et vient des visiteurs rend la prise de vue hypothétique sans leur présence....

Nous quittons cet endroit magique pour pénétrer dans le chauffoir (le cloître est un peu l'équivalence de l'atrium des maisons romaines, coeur de l'édifice, il dessert toutes les pièces)...

Le chauffoir est un endroit bien particulier. Seule pièce chauffée, comme son nom l'indique, elle servait entre autres à nos moines de scriptorium, où étaient copiés les manuscrits... il faut dire que la Waterman de l'époque, faite d'un amalgame de produits divers, entre autres gomme arabique et plantes choisies, avait la particularité de se solidifier dès que la température était au-dessous des normales saisonnières... C'est une jolie petite pièce voûtée...senanque_web028 Bon, là d'accord, j'aurais du faire tomber des têtes, voyez comme tout de suite dès que la présence des hominidés se manifeste l'endroit perd de son charme ?...

Avec un pilier central, senanque_web024 une cheminée conique agrémente la pièce, nos braves gens y faisaient brûler des troncs d'arbre entiers qu'ils enfilaient à la verticale ! Le manteau est orné de tablettes de pierre sur lesquelles reposaient nos fameux encriers sensibles au froid....

Comme vous pouvez le constater, les murs ne sont pas en placo plâtre...senanque_web018 Leur épaisseur est garante d'une certaine isolation... Ces ouvertures laissent pénétrer une douce lumière comme en témoigne cette vue...   

                                                             senanque_web026

Sur les pierres, des signes et initiales gravés rappellent que les moines se faisaient aider dans la construction par des tailleurs de pierre qui marquaient les blocs pour pouvoir se faire payer à la pièce... Il est émouvant de voir ces marques de tâcherons, visibles un peu partout dans l'abbaye.

Enfin nous finissons notre visite par la salle capitulaire (salle du chapitre), où la communauté se réunit encore aujourd'hui. C'est là que sont prises les décisions, là que la prise officielle d'habit s'effectue, ou aussi qu'est élu le Père Abbé... c'est la seule pièce où il est permis de parler.

                                                                            senanque_web061         

                 senanque_web065

Cette pièce est ouverte sur le cloître, son acoustique aussi en serait très étudiée. Déjà qu'ils parlaient peu, autant échanger en Dolby Stereo, tant qu'à faire !senanque_web063 Le Père Abbé s'installait face à la Tarasque, espèce de démon, figure légendaire de la région (cf Tarascon)... dont la face grimaçante est sculptée sur un des piliers du cloître. Ceci afin de l'inciter à ne pas faire l'andouille quand il rendait la justice, attendu que la Tarasque s'occuperait de lui s'il lui prenait l'envie d'avoir la grosse tête et de faire son "cake" auprès des autres. Les "chapitrer", passe encore, leur imposer le port d'un silice, faut pas charrier ! La justice des hommes passe parfois par des méandres d'une logique obscure...

Bien évidemment, je remercie notre petite demoiselle guide, m'excusant d'être la dernière à traîner en retrait de la troupe pour cause de clichés sans âme (qui vive) !

Dehors, le grand air, les cigales, la lavande, tout est immuable sous le soleil...  dire que 900 ans ont passés, depuis qu'une poignée de moines est venue se perdre ici ! Comment, se frayant un chemin à la machette jusqu'au fond de ce vallon, auraient-ils pu imaginer, en bâtissant leur abbaye, être un jour la cible de curieux désoeuvrés ?

A tout cela je médite en m'éloignant de ce hâvre de paix..

senanque_web085

et sous le couvert de mon arbre m'attend un réconfort  pas vraiment spirituel, mais on se console comme on peut après tout...senanque_web087

A l'attention des tricoteuses qui me lisent, j'aurais aimé présenter les six rangs laborieusement commis en quelques jours, hélas, ma tendre Artémis a mis si ce n'est son nez, ses petites pattes là-dedans, tout est tombé des aiguilles, et Pénélope, pour ne pas faillir à sa réputation recommence inlassablement le même ouvrage....

En espérant que ce mini reportage vous ait plu, n'oubliez pas le guide, votre gratification d'un commentaire lui sera d'autant plus précieux qu'elle éprouve toujours, en les découvrant au fond de sa sébile virtuelle,

La même gourmandise à vous lire...

mail72

                         

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14 juin 2006

COLORADO.... VALLEE DE LA MORT... ON Y EST ...

      ...  Cette halte me permit donc de sortir mon partenaire du sac... Je parle de mon partenaire minceur, l'ami Contrex comme vous vous en doutiez... Le problème avec ce partenaire-là, c'est qu'il est du style faux-ami, vous savez, comme ce genre de tournures révoltantes de duplicité que l'on découvre dans l'apprentissage d'un idiome... Ici, c'est Contrex qui me prend pour une idiote... ils ne vantent jamais dans les pubs, la cohorte de partenaires prompts à nous réconforter en cas de coup de blues... (babas au rhum, éclairs au chocolat, îles flottantes...) ...

Bon, trêve de divagations, spécialité maison, Mephisto veille sur ma destinée... oeil_341 et dirige mes pas vers une clairière baptisée pompeusement "Le Désert Blanc"... vaste étendue de sable immaculé, longeant une falaise crayeuse... Contraste étonnant avec les arbres qui entourent cette espèce de plage Seychellienne, sombres et menaçants... c'est par là me souffle mon partenaire (pas l'aquatique, l'autre, le diabolique...)

Vaille que vaille je m'engage où mon démon m'entraîne... et découvre ceci : img_01511 L'antre de la Terre d'où s'exhalent des miasmes putrides inso04 Une voix caverneuse m'incite à passer mon chemin... Le Colorado n'est décidément pas de tout repos...

Telle le Petit Chaperon Rouge, je m'enfonce dans la forêt incertaine, arrive à son orée, traverse une prairie, nouvelle étendue boisée plus clairsemée... Des barrières de bois signalent la présence de randonneurs à cheval... Pas une âme à l'horizon... J'avise quelques rochers épars dans cet espace aménagé... m'engage entre deux... Un escalier de bois ? Une rambarde cordée ? Serait-ce le retour à la civilisation ? Pleine d'espoir j'emprunte la passerelle et suivant le chemin tout tracé qui s'élève, je découvre enfin le but de mes errances : img_0137_dxo nous y sommes, tes efforts ma fille n'auront pas été vains...  Cependant, au fur et à mesure de ma progression, les menaces deviennent plus précises : img_01542 Décidément, je m'attends à voir débouler quelque quidam couvert de goudron et de plumes, à trébucher sur une pierre tombale abandonnée... Un petit virage serré, escarpé, périlleux et hop !

                               .img_0157_dxo Une sentinelle de pierre... La dizaine de vautours ricanant qui la surmontaient se sont envolés à la vue du zoom, ces bestiaux ne connaissent rien aux nouvelles technologies... oiseau_11oiseau_52

              img_0167                      img_0158_dxo

L'épopée finit donc dans un cadre que j'imaginais plus grandiose... Sympathique, certes, mais cela évoque pour moi ces reproductions miniatures de monuments célèbres dont les Américains se contentent à Las Vegas... Mini Tour Eiffel... Mini Place St Marc vénitienne... Mini Alhambra... Ben nous on a un mini Colorado... Au moins est-il naturel et n'est pas une pâle copie de la réalité... Ceci dit, je me demande si j'étais au bon endroit....

Petite Ibiza m'attendait sagement ... je me délestais de mon sac à dos et du partenaire minceur presque vide, regardais mes pieds héroiques : img_0197 et poussiéreux... En voiture ! Mais ? mais ? il est déjà 7 h ! j'ai des invitées ce soir ! Deux copines de fac du fiston qui doivent débarquer en ce moment même ! Et je suis à plus ou moins deux heures de la maison ! Vive le portable, bougez pas j'arrive....

Cependant, avant de vous quitter, je me dois de vous faire voir ceci.... img_0196 Vue de la route alors que je m'éloigne... Ces falaises, là au loin... ne serait-ce pas le Colorado Arlésien ? Celui dont on parle beaucoup mais qu'on ne voit jamais ? Ouh là... il est temps de filer sous la douche et de festoyer avec tes convives en oubliant tout cela... tu reviens d'un pays qui n' EXISTE PAS !!!!!

                                                                       lumi33

QUE ME RESTE PAR DELA L'IRREEL

LE PLAISIR DE VOUS LIRE !!!!

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13 juin 2006

Où l'on constate que le Colorado, ça se mérite...

voitur91...Suite des aventures dominicales...

Sur son promontoire je laisse Gordes à ses touristes, et emprunte une route qui serpente entre les cerisaies... Un Eden de Confiture sur branches ! De toutes parts, des cerisiers croulent sous leurs fruits gorgés de parfum... Profitez-en, petits oiseaux, le temps des cerises, les gais rossignols, les merles moqueurs, tout ça est bien trop éphémère...

Cap sur Rustrel, départ de l'excursion colorée.

Village flon-flon, à la signalétique discrète, parcours flêché... 2 km à la sortie... Parking du Colorado Provençal, nous y sommes... Comme tout a un prix dans la vie, j'avise gardant la barrière du dit parking une espèce de Lolo Ferrari raccourcie sur pattes, surmontée d'une touffe blond(asse), décolorée façon Alerte à Malibu... Sa souche à la main, elle me gratifie d'un grand sourire, et me zozote "SSSé deuzeuros sssinquante"... Bon, soit, paye heureux contribuable me dis-je, un gardiennage de cette trempe, ça se mérite... "Dites, Mademoiselle, vous n'auriez pas un plan du site, histoire de se repérer un tant soit peu ?..." _ Si, onna une plaquette d'informasssion, c'est troizeuros sssinquante"... me dit-elle en me tendant une simple feuille imprimée recto, format A4, où j'aperçois le lacis des chemins à emprunter pour trouver le Nirvâna... _ "Bon, ça me paraît cher le feuillet, tant pis je me débrouillerai..." lui déclarai-je avec le sourire contrit de circonstance qui excuse ma ratasserie... La Sophie Favier locale d'un bel élan généreux me dit alors "SSSSi vous voulez, ze peux vouzesspliquer un peu... "

Oh, charmante créature, mais avec plaisir ma toute belle, éclaire mon chemin de vagabonde égarée !!!

"Alors vouzavez deuzitinéraires... un là et un là me conseille t'elle en pointant d'un doigt verni de lilas écaillé avec petite étoile de strass collée, la carte au trésor succinte qui tient lieu de plan... Là ssssa mène à la casssscade-le pont-le ssssirque, là aux sssseminées de fée... "

Ouaip ! Merci ma douce, j'y vais de ce pas... Petite Ibiza sagement tu m'attends là, garée sous les ombrages, avec ou sans chenilles, on s'en fout, les vitres sont fermées, et hardi ma fille, tu vas découvrir la forêt S.C.I. (Société Civile Immobilière) de Merlin l'Enchanteur et Rackam Le Rouge réunis...

Le sentier s'engage sous les arbres, très sablonneux, le pas est vif, alerte, joyeux et léger... A tout hasard j'ai dégainé l'eos, oui, oui, celui de la pub, canon, you can... donc ça veut dire qu'avec ça on peut canner des bestioles croisées au détour du chemin... Tout en progressant sous la haute fûtaie, j'imagine déjà mettre sur pellicule (non sur carte mémoire) quelque écureuil familier, quelque chevreuil apprivoisé ou pourquoi pas une bête du Gévaudan égarée... Que nenni ! Rien de tout cela à l'horizon, même pas le vol noir du corbeau sur nos plaines... Ami, l'entends-tu ? Non, rien ni personne...

Soudain, j'avise une balise, plus familière pour moi que les HTLM de l'ordi... img_0141Mais oui, je suis sur la bonne voie.... Déjà j'entends le fracas étincelant de l'eau éclaboussant la mousse en une myriade de perles irisées (bon, d'accord, le fracas sur de la mousse c'est pas évident, mais c'est une tournure pour faire joli...)... Déjà je me sens enveloppée d'une brumisation naturelle surgie des entrailles de la terre...

A quelque temps de là, je croise un couple la mine renfrognée... " Vous allez à la cascade ?" me demande d'un ton las le jeune homme dégoûté... "Oui, c'est encore loin ?" lui répondis-je sur le ton enjoué de la bécasse qui ne doute de rien... "C'est pas la peine, ya pas d'eau." dit la voix péremptoire et manifestement déçue... "Ah bon ?!" (sur le coup, rien de plus poètique ne me vint à l'esprit) "ben, merci de m'avoir prévenue, remarque, il fallait s'en douter, le ruisseau en contre-bas est à sec

Demi-tour, qu'à cela ne tienne, après tout, un Colorado sans eau, ça semble logique... Sauf que tout ce vert me laisse perplexe, cette forêt tient plus de l'Amazonie que du Grand Canyon...

Enfin, j'entraperçois au travers des feuillages une petite falaise, je progresse vers elle et débouche sur un endroit dégagé, qui ressemble plus à une carrière crayeuse qu'à la Vallée de la Mort.... img_0138_dxo Bien bien bien je suis perplexe... Si bien mal acquis ne profite jamais, bien pas acquis du tout profite encore moins me dis-je en pensant à la Carte au Trésor rebutée de ma Lolo Ferrari... Faisons contre mauvaise fortune bon coeur, une pancarte me signale quand même que cette étendue blanchâtre, c'est "Le Cirque"... si ça continue ce cirque va me faire tourner en bourrique...

Mon bâton de pélerin virtuel en tête, je repars, toujours à la recherche de mon Eldorado...

J'abandonne une procession de quelques égarés dans mon genre, après avoir avisé une sorte de falaise crayeuse, à la crête de laquelle poussent quelques pins... Peut-être me dis-je, en l'escaladant, découvrirai-je la Terre Promise derrière.... Allez zou, je fais mon Moïse, et entreprends de grimper le raidillon... Glissant, épouvantablement glissant, un pas en avant, deux en arrière... impossible de se rattraper aux buissons, fussent-ils épineux, vu qu'il n'y en a pas... Là maintenant je me la joue Lawrence d'Arabie, attendu que c'est une espèce de dune verticale... Quelques mètres, encore un peu plus haut, un petit col instable, monter encore, ne pas regarder en bas, ça destabilise, et ça y est, je suis en haut !

Mazette ! Quel panorama ! A ce stade du récit, vous êtes contents pour moi, vous vous dites, ça y est, elle a réussi, s'étale à ses pieds le vertigineux Canyon des westerns de notre enfance !

Plus prosaïquement, je vous avouerai découvrir une cuvette façon Ballon d'Alsace, over-dose de vert, mais PAS la moindre roche rouge à l'horizon.... Je vous passerai la suite de vocabulaire qui me traverse alors l'esprit, j'enrage de plus en plus, contre l'autre bécasse qui m'a fourvoyé avec ses zozotements imprécis, contre la fumisterie d'un bout de terrain qu'une municipalité vénale a pompeusement baptisé Colorado, et surtout contre moi-même qui me traite de dernière des gourdasses... (il faut dire aussi que mon petit chéri expatrié, mon Télémaque adoré, est venu ici l'été dernier, en a rapporté une série de photos à couper le souffle, et mon orgueil est piqué au vif, devant un égarement aussi lamentable...)

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, j'entreprends de redescendre de mon promontoire et prudemment j'applique les consignes savoyardes du bon petit skieur : les carres parrallèles à la pente... Bien sûr je perds l'équilibre et me retrouve donc baptisée de cette poussière super fine prise par mes yeux défaillant pour du sable... Crétine !... Tu es belle maintenant, les fesses couleur saumon...

A nouveau petit chemin, qui ne sent plus la noisette croyez-moi, mais par contre pour n'avoir ni queue ni tête, n'en déplaise à Mireille, il se pose là ! Et vas-y que je regrimpe un nouveau monticule, façon coron cette fois-ci, oui, oui, comme au Nord, y en avait... ah ! qui vois-je en contrebas ? Deux jeunes filles sac au dos, arborant à la main comme un étendard le précieux sésame, la carte au trésor.... Aussitôt : " Bonjour ! Sauriez-vous m'indiquer où sont les cheminées de fée ?" _ Hello ! Do you speak english ? me répond l'une d'elles avec un large sourire.... Aie aie aie, me voilà bien, italien si elles veulent, espagnol sans problème, mais à l'anglais je viens de me remettre pour vivre à l'heure de Télémaque, et là on fait moins sa fière.... Donc "yes, a little.. " suit une mélopée shakespearienne de la mignonne, durant laquelle je passe en revue mes dernières révisions (do you want some more bread ? aucun intérêt - voulez-vous un peu plus de pain- how long have you been waiting-depuis combien de temps attendez-vous-) je suis tétanisée par mon incompétence, tout en écoutant leur litanie, et comme dans un cauchemar, en sur-impression, un calque transparent, je me vois perdue à l'aéroport JFK de New York, en transit pour San Francisco, prête à monter dans le premier avion pour New Delhi, par amalgame confus d'un vocabulaire hésitant...

Merci, merci, trop gentilles les fifilles, je ne suis pas plus avancée et perdure dans mes pensées glauques sur une destinée incertaine... Au passage, j'avise sans sourciller un caillou fantôme qui se dresse fièrement sur ma route... img_0146

Les pensées les plus folles me traversent l'esprit, peut-être ce Colorado d'operette devrait être repeint chaque année, ses belles couleurs se délavant avec les pluies et n'ont ils pas eu le temps d'assurer pour l'arrivée des estivants ? Ce délire provient sûrement d'un début de déshydratation...

Il est temps de faire une halte et de réfléchir à la conduite à tenir pour venir à bout de cette énigme...

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Même si Belzébuth en personne doit m'indiquer le chemin, que diable, je le trouverai ce pseudo-Colorado...

Suite au prochain épisode...

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10 juin 2006

SALES BÊTES LES NATIFS DE LA BALANCE....

villageDonc aujourd'hui (dimanche) il fait très beau... Bonne occasion pour aller visiter le Colorado Provençal... Ou aller à la mer avant le déferlement des Bidochons estivaliers... (aucun mépris dans mes propos, seulement un grand effroi devant le tourisme de masse, les marées humaines, les râleurs greffés de gosses piailleurs, les klaxons, les parasols-télé-glacière, mémé, tu- surveilles- le -barda-, nous- on- va- se- baigner, les on-trouve-jamais-de-place-pour-se-garer, les radio braillardes sur natte de paille avec homard- bedonnant- luisant- egrillard -à -mine- réjouie...)

Oui, je le revendique, solitaire,  je préfère le chant des oiseaux aux hordes d'envahisseurs, moutons de Panurge formant un conglomérat agglutiné aux sorties d'autoroute.

Choix suivant : aller traquer les abeilles butinant la lavande et élégamment chaussée d'escarpins à crampons, trouver le fameux Colorado Provençal...

Bonne résolution n° 1 : partir aux aurores. Pure vue de l'esprit chez moi, attendu que sans le moins du monde me livrer à une quelconque grasse matinée, j'ai la désagréable habitude (pour ne pas dire horripilante aux dires de certains ), de lambiner consciencieusement ... Disons que je vaque toujours à quelque occupation incertaine et probablement inutile avec une lenteur qui est mon bouclier contre Force et Rage...

Le sandwich, sac à dos, appareil photo, tout est dans la voiture... Il est disons.... Midi et demie une heure.... img_0026_dxo Artémis me regarde fixement :"Tu n'as pas l'intention de partir sans nous Pénélope ? "

_Si ma chérie, il n'est pas dit que tu puisses suivre...C'est loin, il fait chaud, tu sais qu'Uvinza ventile mal et ronfle comme un petit cochon au moindre effort soutenu...

_Oui, mais tu sais très bien que j'ai une résistance à toute épreuve...

La pitchounette me fait hésiter... finalement, je renonce, la confie dans les bras d'Ulysse, un bisou sur la truffe, et hop je disparais sur les chapeaux de roue, bourrelée de remords (que de remords ? Tu oublies vite tes quelques kilos à perdre ma fille)

Après un voyage sans histoire, j'arrive en vue de Gordes, beau village provençal perché sur son promontoire, constellé des étoiles de ses hôtels aux parkings émaillés de carrosseries rutilantes, tous chevaux cabrés... Ma petite Ibiza les dédaigne au profit d'un coin ombragé où elle se laisse garer à l 'ombre d'un beau platane, près d'une table-banc paléolithique où je m'installe sans attendre, déballant avec ardeur un sandwich taille gourdin de C.R.S. ... Les cigales ponctuent l'ardeur d'oiseaux empressés à me souhaiter un bon appetit... Tout cela sent le thym, le romarin, la lavande, Giono, Mistral, les félibres... Soupirant d'aise, je rêvasse et traine un peu sous mon arbre où je vivais heureux, j'aurais jamais dû m'approcher d'mon arbre, auprès de mon arbre, je vivais heureux, j'aurais jamais dû le quitter des yeux me souffle Brassens... ben pardi ! Et comment ! Alors que je consulte la carte pour faire le point (on ne sait jamais, un Paris-Dakar à l'horizon 2007, entraîne-toi ma fille, tu seras peut-être co-pilote dans une vie future)... donc, je fais le point et... une énorme chenille tombe à l'intersection de la D22 et de la D73 (pour Christine)... Là, pile, elle se tortille, noire, à rayures jaunes, pas épilée depuis des lustres, battant l'air de ses petites pattes sans pieds.... Les yeux écarquillés, surprise qu'une processionnaire se soit ainsi égarée (nous ne sommes qu'à 2 km de l'Abbaye de Senanque), je secoue frénétiquement la carte pour remettre l'intruse dans le droit chemin du sentier des vaches en l'occurence... mon regard découvre alors sur le joli banc moussu, patiné par les ans, une deuxième, une troisième... c'est un cauchemar.... Je lève les yeux et comprends alors être sous un platane-sapin-de-noel entièrement décoré de guirlandes de chenilles... les chenilles sous la charmille ont peut-être leur charme, mais là j'avoue sentir ma nuque caressée par le doux zéphyr d'un vent de panique lorsque l'une de ces charmantes bestioles a l'outrecuidance de me choir dans le cou... 

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Courage, fuyons... Le lieu n'est pas propice à la rêverie ! J'en imagine déjà, agressives et urticantes, glissées dans mon pantalon (un battle-dress plein de poches partout), comme autant de bâtons de réglisse qu'un enfant chapardeur aurait dissimulés à la marchande....

Bon, l'aventure, c'est l'aventure, je reprends donc la route, bien décidée à ne pas me laisser terroriser par ce genre de broutilles envahissantes....

Peut-être serait-il de bon ton, amis lecteurs, de vous laisser ici respirer, mon défaut majeur étant d'entrer dans les détails du périple, au risque de devenir vite ennuyeuse... J'imagine déjà les quelques rescapés ayant eu le courage de me suivre jusque-là, étouffer poliment un baillement de circonstance... Vous êtes tout pardonnés...

ENTRACTE... (bonbons, caramels, esquimaux, chocolats glacés, demandez Miko...)

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09 juin 2006

CES DERNIERS MOIS...

au_loin_le_coupe_feu1 Quelle émotion que de reprendre le clavier ! Par ma fenêtre,  la campagne bruissante de mille vies est une invitation à vous faire partager mon quotidien si langoureux...

La Nature immuable nous donne une leçon de sagesse chaque jour renouvelée. C'est dans sa contemplation, à la suite d'un Jean-Jacques Rousseau, que je puise la force et la patience d'être Pénélope...

Jonathan, mon plus jeune fils dont je vous avais parlé dans mes blogs précédents, est aux Etats-Unis depuis le 12 septembre dernier maintenant... Parti en Floride pour parfaire son anglais, contrat Disneyworld en poche, il a vite déchanté après quelques mois d'esclavage.

Est-ce folie ou inconscience ? Après avoir rompu son contrat, il prend un billet d'avion et s'envole pour la Californie où il décide de poursuivre son aventure. L'opportunité d'une rencontre avec un jeune couple de restaurateurs installés à San Francisco aura été le catalyseur de cette dernière lubie...

Donc, depuis maintenant trois semaines, Jonathan est installé à SF! Tout à l'émerveillement de sa découverte du Pacifique, il ne parle plus de rentrer dans l'immédiat, et s'octroie de ce fait une nouvelle année sabatique, laquelle me semble fort préjudiciable à la poursuite de son cursus universitaire...

Tout ce préambule pour vous faire partager les angoisses d'une mère après que son oisillon se soit envolé, défroissant ses ailes engourdies par la vie familiale... Avide de liberté il découvre le vaste monde, las de rêver sa vie, il préfère vivre ses rêves...

frisco Or, le climat de San Francisco n'est pas celui de Miami... En prévision de ce fog glacé qui recouvre régulièrement la ville dès l'automne, j'ai décidé de rythmer mon attente du doux cliquetis des aiguilles et réfléchis donc à quelque beau pull douillet, pour envelopper par ce tendre biais fait main, mon Jon'Télémaque volatile...

                                      Si vous avez quelque proposition de modèle sympathique à me suggérer, je le ferai mien avec plaisir, étant relativement peu achalandée en modèles masculins...

Soyez assurées, mes amies, que m'est resté intact

L'immense plaisir de vous lire...

Posté par PENELOPE à 22:36 - Commentaires [11] - Permalien [#]

BON, C'EST LE GRAND RETOUR...

Eh bien oui, Pénélope revient d'un long voyage...

Nouveau blog, pourquoi pas... La meute est toujours là, moins anthropomorphique, donc remise à sa place, celle de joyeux toutous incapables d'écrire...

Le temps a passé... Ulysse est rentré dans le rang, semble s'être assagi, même si le passé reste présent, inutile de le ressasser... La vie continue après tout avec son lot de joies et de peines...

Bien sûr, j'ai dû vous parler de Jonathan-Télémaque, le fils chéri parti en Floride au royaume de Disney... Ce sera donc lui la source de mon inspiration désormais, préférant abandonner son père à ses fantasmes sans intérêt...

Bienvenue donc sur cette belle ile d'Ithaque...

Posté par PENELOPE à 21:24 - Commentaires [4] - Permalien [#]